Dernièrement, Michele Bartoli endossait le rôle du Bernard Hinault Italien critiquant vivement les coureurs Italiens : "La culture cycliste a changé en Italie. Il est faux de dire qu'il n'y plus de bons coureurs, c'est l'approche qui est mauvaise. Trop de superficialité. Il y a une tendance générale à ne plus faire autant de sacrifice qu'avant. De mon temps, nous passions notre vie à penser aux courses. Aujourd'hui, on utilise le vélo pour obtenir du bien-être, de l'argent, des voitures et des montres en or". Il faut rappeler que la dernière victoire officielle des Italiens dans une grande épreuve date de 2008. Cunego sur le Tour de Lombardie. Pour une nation comme l'Italie, c'est une éternité.
Cette année, la situation est médiocre et continue de se dégrader. Pour preuve, voici les différents classements des Italiens sur les grandes classiques, mis à part Milan-San Remo.
Tour des Flandres : Daniel Oss 28éme, meilleur Italien. Paris - Roubaix : Pozzato 7éme meilleur Italien. Donati est le second Italien, 28éme. Les dernières classiques d'avril sont censés être la spécialité Italienne. Il n'en a rien été. Aucune victoire. Quelques signes encourageants avec la 3éme place de Gasparotto sur l'Amstel et la 8éme de Marcato. Les Italiens ont par la suite totalement été surclassés par les Espagnols sur la Flèche avant d'être humiliés sur la Doyenne des classiques. Le meilleur, Garzelli, terminait 18éme.
Sur les Grands Tours, les Italiens sont absents du Tour de France depuis 10 ans, si l'on excepte la parenthèse Basso. Le Giro était censé être LA course des Italiens, mais sur les deux dernières années, ils ont été battus par des coureurs étrangers. Dans le domaine du sprint, Cipollini et Petacchi ont permis à la Botte de dominer les arrivées groupées pendant 15 ans. Aujourd'hui, ils sont impuissants face à la domination du Team Columbia. De plus, la multiplication des affaires de dopages semble ralentir bon nombre de coureurs. L'Italie est en crise.
Malgré tout, il existe quelques bons points :
Chez les jeunes, Sacha Modolo, Damiano Caruso et Daniel Oss offrent de belles garanties. Dans le plus court terme, Franco Pellizotti et Ivan Basso pourraient remporter le Giro. Ce dernier pourrait peut-être briller sur le Tour de France. Vincenzo Nibali est en progrès constant, mais a t-il le potentiel pour arriver au niveau des meilleurs ? Filippo Pozzato a le potentiel d'un champion, mais pas la mentalité. Enfin, l'Italie pourra peut-être compter d'ici 2011 sur le retour de leur coureur le plus talentueux : Riccardo Ricco, à moins qu'il ne chute de nouveau, comme ses prédécesseurs...