Fin de règne pour les Italiens
C'est un succès 100% non Italien sur ce Giro, cela fait 15 ans que cela n'était plus arrivé. L'équipe Astana a donc eu raison des Italiens. Pourtant l'équipe Kazakh n'était pas invité fin février sur l'épreuve. La faute à une équipe annoncée peu compétitive. Mais finalement, ils sont acceptés officiellement sur l'épreuve à une semaine du départ, Bruyneel ayant promis aux organisateurs d'amener ces meilleurs éléments en condition. L'équipe Astana constitue une inconnue, avec 3 éléments importants. Mais seul un d'entre eux tirera son épingle du jeu. Klöden est à l'aise dans les premières étapes, mais il n'aime pas les gros pourcentages et les mauvais conditions climatiques précipitent sa déroute. L'Américain Levi Leipheimer stagnera à un niveau médiocre durant tout le Giro.
Le vainqueur du Tour d'Italie n'est d'autre que le vainqueur sortant du Tour de France: Alberto Contador. Il avait surpris ces adversaires lors de l'étape vers Pescoconstanzo, déclenchant une grosse polémique. Certains de ces adversaires l'accusent de mentir. L'Espagnol fait abstraction de ces bruits et fait sa course. Jamais souverain en montagne et mis en difficulté sur l'ensemble du Giro, il a construit sa victoire sur l'exercice individuel point faible de ces principaux adversaires, résistant aux menaces du Tueur et aux morsures du Cobra dans des terrains plus difficiles. On peut regretter qu'il n'ait pas gagné d'étape.
Slipstream comme promis
L'équipe Américaine était venu pour gagner le chrono par équipes d'ouverture. Avec une équipe très forte dans cet exercice, ils n'ont pas déçu et ont eu l'honneur de porter le premier maillot rose par l'intermédiaire de Vandevelde. La suite de ce Giro ne sera pas aussi glorieux avec l'abandon sur chute de Zabriskie ainsi que l'incident mécanique qui tombe sur David Millar lors de la 5éme étape alors qu'il est en course pour la victoire d'étape.
Les Continentales plus qu'au niveau
Outre l'équipe Slipstream, l'équipe Tinkoff a réussi son Giro. Très offensive, l'équipe Russe a mérité ses 2 succès par l'intermédiaire de Kiryienka et Brutt. Ignatiev et Petrov, les 2 coureurs les plus renommés auront tenté mais pas réussi, le Giro est pour eux un échec.
Mais l'équipe du Giro s'appelle CSF. Première par équipes avec 45 minutes d'avance sur le second. Leur domination en montagne a étonné, peut-être trop? Avec un collectif bien rodée et des leaders en grande forme, l'équipe Italienne a récolté 4 succès dont 3 en haute montagne, l'autre succès est l'œuvre de Priamo. Tous les succès en montagne ont été par l'intermédiaire d'Emmanuele Sella qui confirme enfin les attentes placés en lui. Très bon Giro de Pozzovivo, qui confirme son potentiel. Les 2 coureurs seront probablement des protagonistes au maillot rose l'an prochain.
Duel de sprinteurs
Les sprints du Giro ont été dominé par Daniele Bennati et Mark Cavendish, dont le sommet a été l'étape de Carpi où Bennati bat l'Anglais d'un boyau. Le premier a remporté 3 étapes et a fait parlé son sens tactique et sa polyvalence pour ramener le maillot cyclamen. Le second plus jeune a été plus véloce dans les arrivées, entouré d'une grosse équipe, il a laissé une victoire d'étape à Greipel. Généralement ce Giro aura bien réussi à l'équipe High Road qui repart avec 4 étapes, dont le chrono final pour le champion d'Italie de la discipline.
Les Italiens mis à mal
Les Italiens n'auront pas su créer une alliance pour éviter la victoire de Contador. Ils se seront même marchés sur les pieds, à l'image de cet incident entre Sella et Ricco dans le Monte Pora. Riccardo Ricco a multiplié les déclarations "chocs" dans la presse, aussi impressionnantes que ces démarrages sur la route. Il lui a manqué des qualités de rouleur pour espérer l'emporter. Danilo Di Luca a été nettement moins bon que l'an passé, alors que Gilberto Simoni a craqué en dernière semaine, là où il faisait si souvent la différence.
Les 2 satisfactions concernant le général (outre les CSF) viennent de Marzio Bruseghin et Franco Pellizotti (maillot rose 5 jours). Les 2 auront remporté leur étape, ils se seront battus jusqu'au bout pour le podium, où le Lampre a conservé sa 3éme place pour 2". Toujours équipier de leurs leaders (Caucchioli, Cunego, Di Luca) auparavant, ils ont su tirer les bénéfices d'un statut de leaders. A noter que Giovanni Visconti a tenu son maillot rose pendant près d'une semaine, alors que Bosisio l'a porté pendant un seul petit jour. L'équipier de Di Luca a aussi remporté une étape.
Les points clefs pour le maillot rose
- Chute de Soler lors de la première étape.
- Ricco perd 45 secondes sur chute dans le chrono d'Urbino.
- Sella perd 15 minutes à Cesena, là où il s'était révélé.
- Piepoli chute lourdement dans l'étape de Cesena.
- Les Italiens (Ricco, Di Luca, Simoni, Pellizotti) refusent de collaborer pour écarter définitivement Contador.
- Klöden est victime de problèmes respiratoires.
- Di Luca fait son retour dans le Monte Pora et Ricco rate le maillot rose pour 4 secondes sur cette étape.